Avant que mon cœur bascule

Sophie Lorain: 7 ans après

Le 14 novembre 2012 à 13:00

Malik Cocherel

On ne l’avait plus revue au cinéma depuis la sortie de Maman Last Call en 2005. Il est vrai qu’entre temps, l’actrice s’était consacrée à plusieurs projets, dont la réalisation de son film, Les grandes chaleurs, en 2009. Mais quand Sébastien Rose (Le banquet) lui a proposé de jouer une femme endeuillée dans Avant que mon cœur bascule, Sophie Lorain n’a pas hésité une seconde…

Qu’est-ce qui vous a convaincu de revenir devant la caméra?

C’est Sébastien! (rires) C’est un réalisateur que j’ai toujours respecté. J’aime beaucoup son travail. Il donne un côté très personnel à ses films. Donc ça m’intéressait de travailler avec lui d’abord et avant tout. Et quand j’ai lu le scénario d’Avant que mon cœur bascule, je trouvais intéressante l’histoire de cette jeune fille (Sarah, jouée par Clémence Dufresne-Deslières) qui vit sa vie complètement de travers, décrochée de la réalité. Le destin fait en sorte qu’elle va croiser cette femme, Françoise (jouée par Sophie Lorain), à travers laquelle elle va trouver une forme de rédemption. Et tout ça sur un ton qui n’est absolument pas mélodramatique, sans tomber dans le pathos. Je trouvais ça fort, cette façon d’écrire des personnages féminins comme ça, qui ne sont pas des clichés, des archétypes. Ce sont deux personnages de chats sauvages, très écorchés, des femmes assez fortes et en même temps vulnérable.

Sébastien Rose a dit qu’il avait écrit le rôle de Françoise en pensant à vous, ça ne se refuse pas…

C’est vrai que c’est plus difficile de dire non! (rires) Mais il l’aurait écrit pour quelqu’un d’autre, j’aurais été bien contente de le jouer quand même!

Vous donnez la réplique à une jeune actrice, Clémence Dufresne-Deslières, qui fait sa première apparition au cinéma. Comment ça s’est passé avec elle?

Sébastien a fait en sorte qu’on ne se rencontre pas avant le tournage, qu’on ne répète pas ensemble. Il voulait développer cette spontanéité que les gens ont quand ils se jaugent pour la première fois. Et Clémence, c’est le coup de génie de Sébastien parce qu’elle a un naturel déboussolant. Elle ne fait vraiment qu’une avec son personnage. Pour moi, c’était plus facile parce que je n’avais pas affaire à une jeune insécure, dépendante du regard de l’autre pour exister. Il a juste fallu qu’on se pose ensemble et qu’on se fasse confiance. C’est drôle parce que j’ai quand même un côté maternel et je n’ai pas cherché du tout à la rassurer ou la conseiller.

Est-ce que vous vous êtes reconnue dans Clémence à vos débuts d’actrice?

Pas du tout! Clémence est beaucoup plus à l’aise, beaucoup plus vraie, libre et inconsciente, que je l’étais à mes débuts. On ne vient pas du même background, on n’arrive pas avec le même bagage, donc c’est très différent. Je pense qu’elle bénéficie d’une grande longueur d’avance par rapport à moi quand j’ai commencé.

Votre appréhension venait de vos parents (Jacques Lorain et Denise Filiatrault) tous deux acteurs?

Oui. Parce que je ne suis pas arrivée avec une perception du métier très naïve. Au contraire. Je n’appréhendais pas les choses de la même façon que Clémence. J’avais beaucoup moins de libertés, donc j’étais beaucoup moins vraie. Quelque part, le métier de mes parents a été plus un handicap pour moi qu’un avantage. Ça m’a bouffé beaucoup d’énergie et beaucoup de plaisir.

Avant que mon cœur bascule est aussi un film sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dans votre cas, comment s’est déroulée cette transition ?

Difficilement! Je pense d’ailleurs que je ne suis pas encore tout à fait passée au travers! (rires) Je pense que ça prend une vie pour devenir un adulte. Pour Sarah dans le film, ça se fait de façon très brutale parce qu’il n’y a pas de famille autour. Cette jeune fille a été laissée à elle-même très jeune, donc elle a déjà acquis une part de maturité.

Est-ce qu’on va vous revoir plus souvent à l’écran, maintenant que vous avez fait ce film?

Franchement, je ne sais pas. Je continue mon bonhomme de chemin. Je réalise des épisodes de La galère. Je suis actuellement en train de monter les deux derniers. J’ai co-écrit un scénario au cinéma avec Catherine Léger. Mais je n’exclue pas de repasser devant la caméra. C’est juste qu’à un moment donné, quand on se consacre à la réalisation et à l’écriture, c’est plus difficile de trouver du temps pour faire autre chose. Il faut savoir l’accepter.

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