Petals’ pub

Arlette Cousture explore le Montréal du XIXe siècle

Le 12 février 2012 à 17:38

© Jacques Migneault
Lisanne Rheault-Leblanc

Le travail d’écrivain n’a rien de facile, et c’est sans compter sur les aléas des problèmes informatiques… Parlez-en à Arlette Cousture: Petals’ pub a failli ne pas se rendre jusqu’à nous, car son disque dur a rendu l’âme! Heureusement, la romancière a tout de même trouvé la force de réécrire son roman qui se déroule à Montréal, à la fin du XIXe siècle.

Que s’est-il passé avec la première version de votre roman?

Je travaillais depuis sept ans environ sur ce livre. Je devais avoir écrit entre 150 et 200 pages. Et là, bang! Mon ordinateur a planté. J’ai seulement retrouvé le premier chapitre sur une clé USB. C’est bien, car ça m’a donné la mélopée du livre. Je suis repartie sur cette idée-là, ce souffle-là. Mais j’ai mis plus de deux ans à ne pas pouvoir écrire une ligne. J’avais un deuil à faire.

Avez-vous l’impression que cette deuxième version est à la hauteur de la première?

Ce n’est pas du tout le même livre. Mais je ne regrette pas cette nouvelle version. La fin n’est pas la même non plus. À mon grand étonnement, c’est un livre qui finit bien. J’ai pourtant l’habitude d’écrire des livres plutôt sombres. Les filles de Caleb, plus noir que ça, c’est difficile! Pour celui-là, j’ai presque tendance à dire: «Excusez-moi, il finit bien!» (rires)

«Je travaillais depuis sept ans sur ce livre quand mon ordinateur a planté. J’ai seulement retrouvé le premier chapitre. J’ai eu un deuil à faire.»

Gardez-vous tout de même un bon souvenir de l’écriture de votre roman?

En bout de piste, oui, parce que j’aime mes personnages. Je les trouve charmants et débrouillards. Je me suis vraiment attachée à eux. Les trois filles ont beaucoup de courage. Mais que je les aime ou que je les haïsse, j’aime qu’ils soient vrais. C’est pourquoi les gens croient qu’ils ont existé, alors que ce n’est pas le cas ici.

Margaret, l’un de vos personnages, est irlandaise. Avez-vous intégré l’anglais par souci de réalisme?

Oui. Les immigrants ne parlaient pas le français en arrivant ici. Donc, c’est la moindre des choses de les faire s’exprimer en anglais. À cette époque, Montréal était très anglophone. La rue de la Commune s’appelait Common Street, l’avenue du Parc, Park Avenue, etc. Si on ne sait pas d’où on est parti, on ne sait pas où on est rendu.

Vous avez dit qu’il s’agissait de votre dernier roman. Est-ce le cas?

Je dis ça à chaque fois. Mais, contrairement à d’habitude, lorsque je termine un roman, j’en ai toujours un autre en chantier, pour ne pas avoir le syndrome du «baby blues». Cette fois-ci, je n’en ai pas! Ça, c’est vraiment nouveau dans ma vie. Ça fait plus de 30 ans que je travaille comme ça et c’est très dur comme métier, physiquement. Et moi, j’ai beaucoup de talent pour le farniente. (rires) Cela dit, on verra ce qui arrivera.

J’ai été surprise d’apprendre que vous vouliez adapter Les filles de Caleb en comédie musicale depuis plusieurs années.

Oui, mais je n’y arrivais pas. C’était un langage que je n’avais pas. C’était trop long et je ne savais pas où couper. C’est bien la preuve qu’on ne peut pas opérer sur son propre enfant. J’ai essayé, puis j’ai lancé la serviette. Mais heureusement, mon ami, qui travaillait là-dessus avec moi, s’est acharné. Il a trouvé Tandem musique, et puis Micheline Lanctôt et les autres ont embarqué dans le projet.

Le résultat doit vous avoir plu car vous avez vu le spectacle neuf fois!

J’ai aimé ça. À chaque représentation, c’était différent, surtout que certains comédiens ont été remplacés en cours de route. Daniel Boucher, Luce Dufault, Yves Soutière et les autres se sont bien approprié les rôles. Et Jean-François Poulin, quelle découverte! Bref, les différents participants se sont tellement investis dans le projet que c’était beau de voir ça.

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