Julie Rocheleau

L’illustratrice fait revivre Fantômas

Le 10 avril 2013 à 19:43

Lisanne Rheault-Leblanc

C’est à une Québécoise que la maison d’édition Dargaud a confié le soin de faire revivre Fantômas, le célèbre bandit français. Julie Rocheleau, la jeune illustratrice talentueuse à qui l’on doit aussi La fille invisible, s’est acquittée du travail avec brio dans La colère de Fantômas – Les bois de justice, le premier tome d’une trilogie enlevante.

Julie, comment as-tu été amenée à participer à ce projet de bande-dessinée?

J’avais envoyé un autre projet à plusieurs éditeurs, dont Dargaud. Dargaud avait beaucoup aimé mon dessin. Ils n’ont pas choisi mon projet mais ils ont gardé mon nom en tête. De son côté Oliver Bocquet (le scénariste) était déjà signé chez Dargaud, mais il lui manquait un dessinateur. Ils ont donc eu la bonne idée de nous mettre en contact. Et ça a cliqué!

Connaissais-tu déjà l’univers de Fantômas?

Je ne connaissais pas beaucoup, seulement de nom. Je savais que c’était un personnage assez célèbre de la vieille littérature française. Mais je ne savais pas exactement ce qu’il représentait pour les Français, notamment les artistes. Je n’ai pas lu Les aventures de Fantômas et je ne veux pas les lire pendant que je fais les albums, pour ne pas être influencée.

Avais-tu peur de t’attaquer à ce gros morceau de la culture populaire française?

Oui, un peu. Ça se passe à Paris à la Belle Époque…pour une dessinatrice québécoise qui habite Montréal, ce n’est pas évident! Je leur ai demandé s’ils ne seraient pas mieux avec un Français. Je ne voulais pas non plus faire un truc ringard, vieillot, qui aurait pu être fait dans les années 70. J’étais un peu nerveuse, je me demandais ce que la maison d’édition attendait de moi. Mais finalement, ils nous ont laissé carte blanche ou presque. Et quand j’ai lu le scénario d’Olivier, j’ai tout de suite embarqué.

Tu as un dessin particulièrement coloré et stylisé. Quelles sont tes influences artistiques?

J’en ai plein! Mais il y en a deux qui se rejoignent en particulier dans ce projet-là: le peintre Toulouse-Lautrec, pour le côté Belle Époque, et le dessinateur Lorenzo Mattotti, dont les couleurs et les formes font un peu Art déco.

Combien de nouvelles aventures sont prévues pour Fantômas?

Olivier Bocquet a prévu trois trilogies sur Fantômas! C’est sûr qu’on termine la première. Si ça fonctionne bien, les autres pourront suivre, jusqu’au 9e tome. Ensuite, Olivier souhaite que d’autres gens s’approprient Fantômas et en fasse leurs projets, avec leurs couleurs propres. Le but est simplement de le remettre à la mode. Sinon, de mon côté, je travaille aussi sur un autre projet de bande-dessinée avec un scénariste québécois. Je croise les doigts pour que ça marche!

 

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