François Léveillé

L'histoire derrière son album

Le 14 novembre 2012 à 13:11

© Courtoisie
Annie Lafontaine

Pour souligner ses 40 ans de carrière, François Léveillée revient à ses premières amours en lançant Le deuxième rôle de ta vie, un album où chaque chanson devient une petite histoire racontée par le conteur talentueux qu’il est!

Le deuxième rôle de ta vie

C’est l’histoire d’un gars qui a toujours voulu réaliser son rêve et qui finalement, transpose ce rêve-là sur son fils. Ça fait référence à ma génération: les idéaux politiques déchus après le référendum, la recherche de la spiritualité… On est tous sur la terre pour une raison, pour être et se sentir utile. La chanson, c’est toute cette quête-là qui finalement, n’a rien donné pour le père car c’est le fils qui va plutôt faire le rôle de sa vie. Ce qu’il n’a pas pu faire, il espère maintenant que son enfant pourra le réaliser.

Hommage à Brassens

Hommage à Brassens, c’est une chanson que j’ai composée il y a 20 ans à la demande de Joël Le Bigot de Radio-Canada pour souligner le 10e anniversaire de la mort de Brassens. Je me suis donc imaginé où il pourrait bien être rendu aujourd’hui: au ciel en train de tout virer à l’envers! Je suis très fier de cette chanson-là, parce qu’elle est vraiment dans l’esprit et dans le ton de Brassens.

J’ai jamais composé

C’est une chanson d’amour. On en entend tellement à la radio que je me suis demandé ce que c’était, une vraie chanson d’amour. J’ai jamais composé de chansons d’amour, mais au fond, c’est parce que je préfère propager l’amour autour de moi. La plus belle chanson d’amour, c’est de prendre quelqu’un dans ses bras et lui dire «Je t’aime».

Isabelle

C’est une chanson humoristique sur le phénomène Tanguy. Les parents veulent que leurs enfants partent de la maison, mais en même temps, ils sont inquiets pour eux. On veut qu’ils partent, mais pas trop loin! On veut qu’ils reviennent, mais on ne veut pas qu’ils restent trop longtemps! C’est une belle ambigüité!

C’est pas facile de s’appeler Dieu

Tout le monde se demande pourquoi nous sommes devenus une société laïque. Dans la chanson, ce n’est pas compliqué, c’est Dieu qui a divorcé! C’est le genre de chanson qui est le fun à écrire, car c’est un peu comme un conte fantastique.

J’aime les objets

J’avais fait un documentaire pour Canal D sur la relation de l’homme avec les objets. J’y ai découvert que cette relation-là commençait dès qu’on était bébé. On laisse le sein de notre mère pour aller vers une doudou, un biberon. Lorsque la relation avec les parents n’est pas bonne, l’enfant compense sa carence affective sur les objets et ça peut dégénérer une fois rendu adulte. La chanson, c’est ça : on est dans une société d’hyperconsommation, mais il ne faut pas que notre bonheur se définisse par les objets. Porter un beau complet ne fait pas de toi quelqu’un. Avoir une guitare ne fait pas de toi un guitariste…

Complainte pour un fou du roi

C’est l’histoire d’un fou du roi qui vient dire au roi qu’il y a des problèmes dans sa cour. Il finit par mourir, et le roi demande qu’on lui amène un autre fou sinon, il va déclarer la guerre… J’ai écrit cette chanson-là il y a longtemps, mais je trouve que ça correspond très bien à mon état d’esprit du moment. Je termine mon dernier spectacle, je viens d’avoir 60 ans, et je suis en période de réflexion par rapport à mon métier, qui a bien changé. Je ne veux pas faire le procès des humoristes, mais l’humour est partout aujourd’hui. On est dans une ère où on ne croit plus en nos patrons, en nos élus, en la religion, et c’est comme si on compensait par un rire omniprésent. C’est un peu inquiétant, parce que c’est comme si l’humour l’emportait sur tout. Tout passe par un gag, tout passe à la légère… et on en vient peut-être à oublier les vraies affaires.

Le balcon

C’est la suite logique de Isabelle, prise du point de vue de l’enfant une fois parti de la maison. C’est ma fille qui m’écrit pour me dire qu’elle est super contente de l’endroit où elle reste, alors que pourtant, elle reste dans un quartier de Montréal avec des «piqueries» en face de chez eux! Dans la chanson, elle raconte la misère qu’elle croise sur sa rue, mais aussi, la conscience collective et la beauté qu’elle y retrouve. 

J’me cherche un dieu

Nous avons décidé de faire une société laïque, mais jamais il n’y a eu autant de religions. Nous sommes tous en quête de quelque chose, et si on ne se trouve pas de dieu, on essaie de devenir nous-même des dieux en devenant des vedettes. Il faut s’en remettre à quelqu’un, à quelque chose. Je pense que c’est un besoin fondamental. Dans la chanson, je me cherche un dieu avec qui je pourrais aller prendre une bière. Un dieu qui m’écouterait sans me juger, sans préjugé.

Arthur

Les boomers actuellement, on perd tous nos parents. J’ai vu ma belle-mère, qui était dans un institut, ne pas être très bien traitée… Ça m’a révolté et je me suis inspiré de ça pour la chanson, en transposant les sentiments que j’éprouvais pour ma belle-mère sur mon père, que je n’ai jamais connu. C’est donc un hommage à mon père, mais aussi à tous ces gens qui ont travaillé dur pour nous permettre d’avoir une éducation. Je viens d’une famille de dix enfants, et ma mère m’a élevé toute seule. Je ne peux pas faire autrement que d’avoir beaucoup d’admiration pour elle. Au fond, la chanson, c’est mon hommage au travail de toute une génération pour bâtir un pays.

Le bal, de Félix Leclerc

Le premier qui m’a fait comprendre le Québec, c’est Félix Leclerc. En 2014, on fêtera son 100e anniversaire et je voulais lui donner un petit coup de chapeau!

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