Marilou

«Je sais à présent ce que je veux faire»

Le 24 avril 2012 à 19:22

Gracieuseté de Sony Music
Marie-France Pellerin

Marilou n’était qu’une gamine lorsqu’elle a conquis le public pour la première fois. C’est aujourd’hui une ravissante jeune femme épanouie que redécouvriront ses fans fidèles. Cinq ans après la sortie de son album éponyme, la chanteuse nous revient en force en tant qu’auteure et compositrice, ajoutant ainsi une corde à son arc. Son évolution se reflète dans chacune des pièces de son premier opus en anglais, 60 Thoughts a Minute, un album authentique et mature dans lequel elle s’est complètement investie.

Marilou, ce grand retour sous les projecteurs te rend-il nerveuse?

Je suis tellement heureuse et excitée! J’ai déjà de bons échos de l’album. À 18 ans, j’ai pris la décision d’écrire. Je n’avais jamais touché à tout ce qui a trait à la création d’une chanson, mais je voulais faire mon prochain album, peu importe le temps que ça prendrait. Ça a représenté trois ans d’efforts, de doutes, de belles rencontres et de remises en question. Je me suis cherchée. Je me suis demandé ce que j’avais à offrir, autant personnellement qu’artistiquement. Je me suis finalement trouvée, et le résultat est 60 Thoughts a Minute.

Est-ce que ç’a été une période angoissante?

Vraiment! J’ai appris que la vie est constituée de crises suivies de victoires. Plus grande est la crise, plus grande est la victoire. Je ne peux rien demander de mieux à la vie, sinon qu’elle m’envoie des épreuves! Sans elles, je ne serais pas aussi heureuse aujourd’hui.

Qu’as-tu fait pendant toutes ces années passées loin des projecteurs?

J’ai dédié tout mon temps à l’album. C’est pour cette raison qu’il s’intitule 60 Thoughts a Minute. J’avais 60 pensées à la minute pour cet album. (rires) J’ai aussi eu besoin de me tester mes limites, de les repousser. L’anglais et les autres cultures m’intéressaient. Je suis donc partie à Los Angeles. J’ai suivi des cours d’anglais pendant quatre mois dans une université. Pour moi, un bagage personnel incroyable, et ça m’a donné l’opportunité d’écrire en anglais.

«Je rêve du jour où je vais entendre le public chanter les paroles de mes chansons.»

Tu as été entraînée dans un véritable tourbillon musical à l’âge de 10 ans. As-tu déjà eu l’impression de ne pas avoir pu vivre pleinement ton enfance?

Oui. Toute médaille a son revers. C’est sûr que j’ai été super chanceuse, mais j’ai quand même eu un manque sur le plan de la vie sociale. Voyager, séjourner dans les hôtels, chanter avec Garou et Céline Dion, ce n’est pas ça, la vraie vie. Jusqu’à un certain point, je gardais les pieds sur terre. Mais il y a une certaine inconscience qui fait en sorte que tu flippes tout de même un peu. Ces trois années ont donc servi à me «regrounder». On a un énorme besoin de se faire aimer quand on travaille dans le milieu artistique. Je voulais taire ça en moi.

Ce nouvel album marque du coup ton passage d’adolescente à jeune femme. Comment qualifies-tu ton évolution, autant personnelle que professionnelle?

J’étais jeune lorsque j’ai débuté dans le métier. J’aimais chanter instinctivement mais, aujourd’hui, je réalise qu’il y avait une part de création, une identité qui me manquait. À présent, je connais mes limites et mes capacités, je sais ce que je veux faire et ce qui me rend heureuse. Peu importe ce que les gens vont en penser, je m’assume complètement. Dernièrement, j’ai quitté le nid familial. J’avais besoin de voler de mes propres ailes, j’avais une volonté d’autonomie. Tout est maintenant bien aligné dans ma vie.

Quelles ont été tes inspirations pour cet opus?

Mon gérant m’a donné un album d’Alanis Morissette qui m’a vraiment inspiré. Elle est, tout comme moi, passée de jeune interprète à la femme qu’elle est aujourd’hui. Lorsque j’ai commencé à écrire, je faisais écouter mes chansons à des gens du milieu. Plusieurs m’ont dit que je ne serais jamais capable de concrétiser mon projet et que je devrais plutôt aller chanter en minijupe... J’ai d’ailleurs composé la chanson One Voice in a Million à ce sujet. Shot Down By a Smile, quant à elle, est inspirée de ma rencontre avec un soldat, qui revenait tout juste d’Afghanistan. On n’était pas vraiment sur la même longueur d’onde quant à nos sentiments. On croit souvent les soldats invincibles, mais il m’a fait réaliser à quel point une peine d’amour intérieure est tout aussi douloureuse qu’une peine physique. Et j’ai fait Take On the World avec une chorale d’enfants. Cette pièce traite de certains adultes dans notre entourage qui essaient de nous pousser à réaliser leur rêve inassouvi, alors qu’on n’en a rien à foutre! C’est un album très personnel. J’y expose mes questionnements, mes douleurs et mes joies.

Tu as collaboré avec les ingénieurs Tom Lord-Alge (Coldplay, Peter Gabriel, Billy Idol) et Ted Jensen (Rod Stewart, Billy Joel, Norah Jones). Ces grosses pointures t’ont-elles intimidée?

Avant de les rencontrer, oui, j’étais intimidée! C’est finalement la musique qui a «parlé». Dans leur ordinateur, je voyais sous mon nom les sessions de P!nk et d’autres grands artistes. C’était vraiment spécial!

Et que t’a apporté le duo de réalisateurs montréalais Sam et JB?

Ils ont «habillé» les chansons et créé un fil conducteur sur le plan musical. Nous avons enregistré l’album live, tous les musiciens ensemble. Le résultat est très «organique». Ce dont je suis le plus fière, c’est qu’il n’y a rien qui a été programmé. Tout est authentique.

Te considères-tu comme une artiste plus complète, maintenant que tu as développé ton talent d’auteure-compositrice?

Totalement! Dès le jour un, j’ai pris en main le projet. J’étais là lors de la conception de la pochette, pour chaque photo, chaque choix et chaque son. J’ai passé des nuits en studio. Je suis même allée mixer l’album à Miami. J’ai tout fait. C’est mon enfant, ce disque-là! Je ne le savais pas, mais j’avais vraiment ce talent d’auteure-compositrice en moi. Maintenant, j’écris tout le temps. J’ai d’ailleurs passé la nuit dernière à écrire, en prévision de la réalisation d’un album en français. C’est devenu une façon de m’exprimer. Je suis terriblement chanceuse d’avoir découvert ma véritable passion!

Tu planches déjà sur un nouvel opus dans la langue de Molière?

Oui! La langue française est tellement plus complexe et recherchée que la langue anglaise. Ça peut facilement sonner kitsch. C’est complètement un autre travail. Pour le moment, je souhaite conquérir le Canada avec 60 Thoughts a Minute, et éventuellement l’Europe, puis les États-Unis. Mais le français est toujours dans mon cœur. J’offre d’ailleurs une version bilingue de la chanson Wake Me Up On Friday.

Tu as déjà toute une carrière pour une jeune femme de 21 ans. De quoi rêves-tu à présent?

De voyager avec mes histoires. Je rêve du jour où je vais entendre le public chanter les paroles de mes chansons.

 

L’album 60 Thoughts a Minute est présentement en magasin.

 

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