Fermier urbain

Retour à la terre... en ville

Le 18 avril 2012 à 8:23

Ricardo Larrivée anime Fermier urbain
© Tzara Maud / Agence QMI
Marie-Josée Roy / Agence QMI

Avec sa nouvelle émission estivale, Fermier urbain, Ricardo Larrivée propose une expérience de retour à la terre à trois familles citadines.

Si le terme «agriculture urbaine» nous était encore inconnu jusqu’à tout récemment, le chef cuisinier, animateur et producteur nous prouve que ville et agriculture peuvent – et doivent même – ne faire qu’un.

Comment est née l’idée du Fermier urbain?

J’ai toujours aimé le jardinage et j’ai pensé que ça serait le «fun» de faire une expérience d’agriculture en ville, parce que je l’ai vue ailleurs dans le monde. J’ai proposé l’idée à Radio-Canada et ils ont embarqué. On cherche déjà de nouvelles familles pour la deuxième saison.

Est-ce que ça fait longtemps que vous vous intéressez à la terre?

Depuis toujours… Moi, j’ai grandi dans un milieu urbain, à Saint-Michel, mais j’avais des parents drôles. On avait un jardin, on avait des poules. D’ailleurs, il y avait un abattoir pas loin de chez moi et il y avait souvent des poules qui s’échappaient de là… et moi je les récupérais. Aujourd’hui, ça m’est resté et j’ai d’ailleurs une ferme horticole à Chambly, avec des poules et des cailles.

Qu’est-ce que l’agriculture vous apporte?

Ce qui me touche le plus, c’est la transmission du savoir. Dans le premier épisode du Fermier urbain justement, on voit un père qui montre à son fils à lever une brouette. C’est simple, mais c’est une éducation, un partage qui est important. Que ce soit une plante ou une poule, tu es obligé d’apprendre à tes enfants que, si tu ne t’en occupes pas, ça meurt. Moi j’ai une poule cet hiver qui est morte, et ç’a été quelque chose pour mes filles. On a mis la poule dans une boîte et on fait un service… Après, quand l’enfant arrive à l’épicerie devant une poitrine de poulet, il sait que ç’a déjà été vivant… Je pense que ça éveille mieux leurs consciences envers le gaspillage.

Comment peut-on garder une poule en hiver?

Il y a des variétés de poules qui s’adaptent très bien aux hivers québécois, même à moins 30 degrés. Il faut juste qu’il y ait au moins trois ou quatre poules ensemble. C’est encore illégal en ville, mais la plupart du temps toléré… sauf qu’à la moindre plainte, on doit retourner les poules à la ferme.

Pourquoi devrait-on faire de l’agriculture en ville?

Parce qu’on n'a plus le choix : 90 % de la population va vivre dans des villes et il y a de moins en moins de terres… Pourquoi est-ce que notre terrain servirait à faire pousser du gazon? Pourquoi l’eau qu’on recueille ne servirait-elle pas à faire pousser des légumes et des fruits? Pourquoi s’entêter à vouloir arroser son gazon? C’est une mode ça les gazons… Aujourd’hui, dans certaines villes, c’est illégal d’enlever sa pelouse, mais je pense qu’un jour, ça sera illégal d’en avoir trop.

Donc, le Fermier urbain s’adresse à tout le monde?

Oui, je pense que tout le monde va apprendre et s’amuser. Il y en a qui vont avoir quatre plants de tomates et seront bien contents. D’autres vont vouloir pousser plus loin et avoir des poules… En voyant l’émission, j’espère qu’il y a des gens qui vont se dire: «Je suis capable de faire ça moi aussi».

Pour des trucs et conseils pour créer votre propre projet de ferme urbaine et même, pour aménager votre jardin virtuel, rendez-vous au Radio-Canada.ca/fermierurbain.

L’émission sera présentée à compter du 26 avril, chaque jeudi, à 19 h 30, à l’antenne de Radio-Canada.

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