La naissance d’une grande chanteuse

Céline Dion à la conquête du monde

Le 11 mai 2016 à 6:34

STEVE MARTIN / Photos Getty Images

Propulsée par une ambition à la mesure de son talent, la chanteuse semble avoir réussi tout ce qu’elle a entrepris dans sa vie et dans sa carrière. À force de travail et de rigueur, elle a été au bout de ce rêve qu’elle vit toujours au quotidien. Et aujourd’hui, partout dans le monde, les gens connaissent son nom et, surtout, reconnaissent sa voix...

 

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Avec ses longs cheveux, ses robes amples et son air juvénile, Céline demeure aux yeux 
du public, pendant
les premières années de sa carrière, une adolescente. Très expérimenté, René Angélil décide alors de retirer sa protégée de la vie publique pendant 18 mois, le temps de lui permettre de préparer le terrain pour une grande métamorphose. Au printemps 1987, la jeune chanteuse, qui vient tout juste de fêter ses 19 ans, lance son album Incognito.

C’est alors une femme assumée au look renouvelé que découvrent ses fans. Cette transformation ne sera pas la seule de sa carrière, mais peut-être la plus significative. À peine un an plus tard, à Dublin, en Irlande, elle remporte le prestigieux concours Eurovision, et cela par un seul point devant le candidat britannique Scott Fitzgerald. Céline y représente la Suisse et interprète la chanson Ne partez pas sans moi.

Quelque 600 millions de téléspectateurs admirent le talent de la chanteuse, que plusieurs entendent pour la première fois. Alors que sa renommée continue de prendre de l’expansion, les patrons de la maison de disques CBS se montre très intéressés à l’idée de la voir enregistrer un album en anglais, un passage incontournable pour tout artiste qui désire avoir une carrière internationale. Avec la détermination qu’on lui connaît, Céline se met à l’apprentissage de la langue de Shakespeare. Progressivement, le monde s’ouvre encore un peu plus à elle...

Après avoir enregistré quelques duos avec des artistes anglophones, Céline lance son premier disque en anglais, Unison, en 1990. L’album,
qui se vend à plus de trois millions d’exemplaires, lui vaut son premier disque d’or aux États-Unis et sa première invitation à la célèbre émission The Tonight Show. La machine est lancée, et rien, dans les années qui suivront, ne va l’arrêter.

Sa chanson Where Does My Heart Beat Now devient, quelques mois plus tard, son premier succès à s’inscrire sur le prestigieux Top 10 du magazine Billboard, mais surtout son premier succès international. Mais c’est en interprétant, en compagnie du chanteur Peabo Bryson, la pièce-titre du film Beauty and the Beast que sa renommée devient planétaire. En 1992, le duo interprète la chanson devant
des millions de téléspectateurs et un auditoire captif lors de la cérémonie des Oscars.

«Ce qui m’impressionnait le plus, c’est qu’ils étaient tous là, s’est remémoré la star dans son autobiographie Ma vie, mon rêve. Elizabeth Taylor, Paul Newman, Tom Cruise, Michael Douglas, Barbra Streisand, Liza Minelli, les plus grandes stars du monde, toutes ces idoles que j’avais rêvé de rencontrer. Je les voyais maintenant à mes pieds et je chantais pour elles; elles me regardaient et m’écoutaient, comme moi je les avais toujours regardées et écoutées. Et elles m’ont applaudie. Elles me reconnaissaient comme une des leurs...»

 

Des rencontres marquantes


Ce soir-là, le duo remporte l’Oscar convoité de la chanson originale de l’année avant de récidiver, quelques mois plus tard, lors de la 35e soirée des Grammys. C’est d’ailleurs lors de cette soirée, la plus importante remise de prix de l’industrie musicale américaine, qu’elle fait pour la première fois la rencontre d’une autre idole de jeunesse, nul autre que Michael Jackson.

Au fil des années, 
la diva fera d’ailleurs la rencontre de certaines des plus grandes vedettes, des plus illustres politiciens et même des plus imminents membres de la royauté: Lady Di et le prince Charles, Luciano Pavarotti, Barbara Walters, Madonna, Sir George Martin, Nelson Mandela, Bill et Hillary Clinton, la reine Élisabeth II... Mais parmi toutes ces icônes, c’est sans aucun doute avec l’animatrice Oprah Winfrey qu’elle aura noué le lien le plus significatif.
 Au cours de sa carrière, Céline est ainsi apparue 27 fois à l’émission de la célèbre animatrice. Un record que ni Julia Roberts (21 fois) ni Mariah Carey (22 fois) n’ont pu égaler.

 

En route vers le sommet

Même dans les contes de fées, tout n’est pas rose. En 1993, Céline vit une dure épreuve lorsque sa nièce Karine décède, à 16 ans à peine, de la fibrose kystique. Deux ans plus tard, elle 
lui rend hommage en enregistrant 
la pièce Vole, signée Jean-Jacques Goldman, sur l’album D’Eux, lequel deviendra le disque francophone le plus vendu de tous les temps.

Dix millions d’exemplaires trouveront en effet preneur d’un bout à l’autre de la planète au cours des années suivantes. Parallèlement, son troisième album en anglais, The Colour of My Love, lancé le 8 novembre 1993, continue de se vendre comme de petits pains chauds: 20 millions d’exemplaires s’envoleront des tablettes, notamment en raison
du succès colossal de sa reprise de la chanson de Jennifer Rush, The Power of Love.

Mais le meilleur reste à venir: propulsé par les succès All By Myself et Tell Him, son duo avec Barbra Streisand, les albums Falling Into
You (1996) et Let’s Talk About Love (1997) se vendent respectivement 
à 32 millions et 31 millions d’exemplaires. Mais c’est véritablement avec My Heart Will Go On, la chanson thème du film Titanic, que la popularité de Céline atteint son apogée. Le 23 mars 1999, lors de la 70e soirée des Oscars, elle interprète le plus grand succès de sa carrière et offre, devant un parterre muet, une perfor- mance magistrale et sans faille. Et tout cela quelques jours à peine avant de célébrer son 30e anniversaire...

 

Viva Las Vegas

Si Céline Dion rêve d’atteindre les plus hauts sommets, son désir d’être mère est tout aussi important — sinon plus — à ses yeux. La naissance de
son premier fils, René-Charles, en 2001, et des jumeaux Eddy et Nelson, en 2010, la pousse à faire des choix différents. Loin de vouloir imposer une vie de tournée sans fin à ses garçons, la star s’installe, en 2003,
 au Ceasars Palace, à Las Vegas, où
 une salle de plus de 4000 places, le Colosseum, est construite pour elle
 au coût de 95 millions de dollars.
 Au total, de 2003 à 2007, elle donne 723 représentations de son spectacle A New Day... — créé avec Franco Dragone, reconnu pour son travail avec Le Cirque du Soleil.

En 2011, elle revient avec une seconde production, Céline, qu’elle présentera jusqu’en 2019. Avec l’arrivée de la diva, qui devient la 2244e personnalité à recevoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, en 2004, c’est tout le visage de Las Vegas qui change. L’artiste, qui peut ainsi donner une vie plus stable 
à sa famille, s’offre pour ses 40 ans 
une tournée mondiale qui, en 2008, la mène sur cinq continents. Celle qui a rempli le Stade de France pour deux concerts, en 1999, se produit aussi, le 22 août 2008, sur les plaines d’Abraham, lors des célébrations du 400e anniversaire de Québec.

De toute évidence, Céline n’a plus rien à prouver aujourd’hui. Plusieurs auraient choisi de se retirer, mais la flamme qui habite la petite fille de Charlemagne n’a jamais cessé de brûler. Parions qu’elle continuera de chanter tant et aussi longtemps que son cœur y sera, et tant qu’il y aura quelqu’un — comme ses frères et sœurs quand elle était enfant — pour l’écouter...