Jean-Guy Moreau

Dernier adieu à «l’inimitable imitateur»

Le 7 mai 2012 à 9:10

Claude Gauthier, au salon funéraire pour le dernier hommage à Jean-Guy Moreau
Claude Gauthier © Joël Lemay / Agence QMI
Marie-Josée Roy / Agence QMI

Les proches de Jean-Guy Moreau, de même que plusieurs artistes et gens du public, ont défilé au Salon funéraire Alfred Dallaire Memoria de la rue Jean-Talon, à Montréal, dimanche après-midi, afin d’adresser un ultime salut à «l’inimitable imitateur», qui nous a quittés le 1er mai dernier.

Dans une ambiance sobre et pas du tout larmoyante, les trois enfants de l’humoriste, Sophie, Véronique et Antoine, ainsi que son frère, Yves, ont reçu les sympathies de ceux qui ont connu et aimé de près ou de loin ce pionnier de la culture québécoise.

Aucune allocution n’a été prononcée au cours de l’après-midi, mais les visiteurs pouvaient aller se recueillir devant l’urne, qui était en fait un pot d’inspiration japonaise, un clin d’œil à la passion de Jean-Guy Moreau pour la poterie. Sur la table d’honneur trônait aussi une guitare marquée du sceau du Canadien de Montréal,  ainsi que quelques bouquets de fleurs, dont l’un avait été offert par René Angélil et Céline Dion.

Des affiches de spectacles, des pochettes d’albums, des photos marquantes, des caricatures et des dessins tracés de la main du défunt étaient aussi exposés un peu partout, tandis qu’un écran géant projetait une série d’images de la vie et de la carrière de M. Moreau. La famille avait manifesté sa volonté de voir les dons se traduire par une contribution à la Fondation du CHUM plutôt que par des gerbes de fleurs.

Jean-Guy Moreau a été emporté par une insuffisance rénale et cardiaque, à l’âge de 68 ans.

Leur hommage à Jean-Guy Moreau

« Je l’ai bien connu comme ami, parce que mon conjoint, Jean-Pierre Plante, a écrit quelques spectacles pour lui. C’était un homme charmant, affable, qui ne parlait jamais contre personne, et qui était généreux.» - Christine St-Pierre, ministre de la Culture

«Jean-Guy a eu une grande influence sur ma carrière. J’aurais aimé lui dire comment, quand j’étais petit, je courais à toute vitesse pour le voir à la télévision, au point presque de me tuer pour le voir performer! (rires) Yvon Deschamps est celui qui m’a donné le goût de faire rire, et lui, il m’a donné le goût de faire des imitations.» - André-Philippe Gagnon

«Notre première rencontre remonte à 1977. J’avais 14 ans, et j’étais allé le voir après un spectacle. Il m’a reçu et m’a encouragé… Par la suite, on a fait plusieurs numéros ensemble. Il m’a donné beaucoup de conseils. Quand on faisait un personnage et qu’il aimait ça, il riait comme un fou.» - Pierre Verville

«Beaucoup vous diront qu’il était très accessible et chaleureux. Il était aussi capable de réflexion. Il ne cherchait pas à éblouir constamment. Comme artiste, sur le plan de l’imitation, ça prenait une oreille fantastique pour saisir les personnages comme il le faisait.» - Marc Laurendeau

«C’est comme un membre de la famille qui disparaît. Il a apporté une contribution exceptionnelle à notre vie culturelle, à une époque où la vie politique était en effervescence. Il nous a accompagnés avec intelligence, subtilité et humour. C’était un observateur social.» - Anne-Marie Dussault

«Jean-Guy était un homme très généreux, qui donnait tout à ses amis, un “royal”. Quand on l’invitait, il apportait les meilleurs vins du monde, en disant que la vie était trop courte. Quand il aimait quelqu’un, il lui donnait tout. Aujourd’hui, il est sûrement assis avec Jean Drapeau et René Lévesque, et ils doivent rire de Sarkozy qui va en prendre une! (rires)» - Claude Gauthier

«Sa mort m’a tellement surprise! J’ai de la misère à le prendre. Je ne le crois pas encore. Je ne savais pas qu’il n’était pas bien. C’est un homme que j’ai beaucoup aimé et fréquenté, mais hélas, on est partis chacun de notre côté… Ce n’est pas parce qu’on ne se voit pas que ce qu’on a vécu ensemble ne reste pas vivant.» - Clémence Desrochers

«Mon père (Robert Charlebois) n’a pu être présent aujourd'hui, mais, évidemment, il est là avec sa tête et son cœur. Jean-Guy Moreau était mon parrain, et j’ai eu la chance de le côtoyer beaucoup, dans les dernières années, avec le spectacle Les boîtes à chansons. J’ai appris à le connaître personnellement et à reconnaître son talent. Il m’a donné de précieux conseils.» - Jérôme Charlebois

«On a travaillé ensemble à quelques occasions, à la télévision, à l’époque de Rock et Belles Oreilles. Le personnage de Stromgol est d’ailleurs né à ses côtés, dans un sketch dans lequel il jouait. J’ai aussi eu la chance de le côtoyer dans la vie. Il avait une grande capacité d’émerveillement.» - Yves Pelletier

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